Conférence à Vizille

Les ravages des faux souvenirs ou la mémoire manipulée en thérapie

Mardi 24 novembre 20:30 – Durée : 1 heure 30 minutes
Lieu : Lycée des portes de l’Oisans – 960 Avenue Aristide Briand – Vizille

Orateur : Brigitte AXELRAD (professeur honoraire de philosophie et de psychosociologie, membre du Comité de rédaction de la revue Science et pseudosciences de l’AFIS (Association française pour l’information scientifique)

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“La mémoire est fragile. Il est en effet possible de modifier les souvenirs d’une personne par la manipulation mentale ou même au cours d’une psychothérapie. L’exemple le plus marquant est celui des faux souvenirs retrouvés au cours d’une psychothérapie qui démolissent le patient et sa famille.
Ces dernières années, le phénomène des faux souvenirs a été étudié par des chercheurs en psychologie et a fait l’objet d’expériences. Je développerai cet aspect des recherches scientifiques dans mon exposé et je l’illustrerai à l’aide de courts extraits de vidéos. “

Aux États-Unis, puis en France, certaines personnes adultes ont retrouvé, au cours d’une psychothérapie, des souvenirs d’abus sexuels qu’elles auraient subis pendant leur enfance. Or, certaines d’entre elles se sont rendu compte plus tard que les évènements remémorés ne s’étaient jamais produits et que ces souvenirs retrouvés étaient donc de faux souvenirs.

Au lieu de les conduire vers la guérison, ces psychothérapies ont entraîné des ravages chez les patients et ont démoli leurs familles.
Dès lors, deux camps ont émergé :
– d’un côté, un certain nombre de psychothérapeutes, psychiatres, psychanalystes, psychologues ou thérapeutes autoproclamés, sont convaincus que les difficultés existentielles de leurs patients sont causées par des traumatismes subis dans l’enfance, qui auraient été refoulés et dont il faut retrouver le souvenir pour guérir. Selon eux, les souvenirs retrouvés en thérapie sont vrais et ceux qui pensent le contraire sont en déni,
– de l’autre côté, des chercheurs et des scientifiques de la mémoire ont trouvé ces affirmations fondamentalement invraisemblables. Les souvenirs de traumatismes peuvent être inexacts par rapport aux détails spécifiques, mais de nombreuses recherches ont indiqué que l’essentiel des événements traumatiques a très peu de chances d’être oublié. Les auteurs montrent que la mémoire est fragile et malléable, qu’elle est sensible aux techniques de suggestion et que, par conséquent, tous les souvenirs retrouvés d’abus sexuels ne sont pas nécessairement vrais.
La question se pose alors de savoir comment faire la différence entre les vrais et les faux souvenirs et comment résoudre la contradiction entre ces points de vue.
Alors que la communauté scientifique exige des preuves scientifiques pour valider une position, la communauté des thérapeutes est plus convaincue par la réalité subjective de leurs expériences et de celles de leurs clients.

Parmi les auditeurs de la conférence (61 personnes), se trouvaient aussi des victimes de ces “thérapies de la mémoire retrouvée” .

Avec la collaboration du Club CNRS du Dauphiné et de la Ville de Vizille et le soutien des Municipalités de Champ sur Drac et de Jarrie.

Contact : herve.nifenecker@free.fr
Entité organisatrice : (Association des Cafés des Sciences du Pays Vizillois)
Nature évènement : (Conférence / débat)
Nature évènement : (Grand public)